4ᵉ · Français · Conjugaison
Exprimer une hypothèse, c'est présenter un fait comme possible ou imaginé, dont dépend une conséquence. On l'introduit le plus souvent par la conjonction si : « Si tu pars tôt, tu arriveras à l'heure. » La proposition en « si » (la subordonnée) pose la condition ; la proposition principale exprime le résultat.
Le potentiel (fait envisageable dans l'avenir) : si + présent → futur dans la principale. « Si tu travailles, tu réussiras. » L'irréel du présent (fait contraire à la réalité actuelle) : si + imparfait → conditionnel présent. « Si j'étais riche, je voyagerais. » L'irréel du passé (fait qui ne s'est pas réalisé) : si + plus-que-parfait → conditionnel passé. « Si tu avais révisé, tu aurais réussi. »
Après « si » exprimant une hypothèse, on n'emploie jamais le futur ni le conditionnel. On dit « Si je pouvais », jamais « si je pourrais ». D'autres mots peuvent aussi introduire une condition : à condition que, à moins que, au cas où, en admettant que.
À quoi sert de savoir exprimer une hypothèse ? À imaginer, prévoir, négocier tout ce qui n'est pas encore sûr. Quand tu dis « Si je révise ce soir, j'aurai une bonne note », tu poses une condition et sa conséquence.
Un scientifique fait pareil : « Si on chauffe l'eau à cent degrés, elle bout. » Et quand tu rêves, « Si j'étais président… », tu construis un monde imaginaire.
Maîtriser l'hypothèse, c'est pouvoir raconter le possible, le rêvé et le regret. Le secret tient dans un petit mot : « si », et surtout dans les temps qui vont avec.
Le premier système exprime le potentiel : un fait vraiment envisageable dans l'avenir. La recette est simple : « si » suivi du présent de l'indicatif, puis le futur dans la proposition principale. Par exemple : « Si tu prends le train de huit heures, tu arriveras avant midi.
» On y croit vraiment, ça peut arriver. Attention au piège classique : après « si », jamais de futur ! On ne dit pas « si tu prendras », mais bien « si tu prends ».
Retiens la formule : si + présent, futur.
Le deuxième système exprime l'irréel du présent : un fait imaginé, contraire à la réalité d'aujourd'hui. La recette : « si » suivi de l'imparfait, puis le conditionnel présent. Exemple : « Si j'étais riche, je voyagerais autour du monde.
» Or je ne suis pas riche : c'est un rêve, pas la réalité. On l'emploie aussi pour donner un conseil : « Si j'étais toi, je m'excuserais. » Le même piège revient : après « si », jamais de conditionnel !
On dit « si je pouvais », et surtout pas « si je pourrais ».
Le troisième système exprime l'irréel du passé : un fait qui aurait pu se produire, mais qui ne s'est jamais réalisé. La recette : « si » suivi du plus-que-parfait, puis le conditionnel passé. Exemple : « Si tu avais révisé, tu aurais réussi ton contrôle.
» Or tu n'as pas révisé, et tu n'as pas réussi : c'est trop tard, on exprime souvent un regret. Retiens les trois recettes en les alignant : présent-futur pour le possible, imparfait-conditionnel présent pour le rêve, plus-que-parfait-conditionnel passé pour le regret.
12 des 37 questions de ce chapitre. Les réponses, et les explications de chacune, sont dans l'application.