4ᵉ · Histoire-Géographie · Histoire
Au XVIIIᵉ siècle, le commerce maritime explose. Les grandes puissances européennes (France, Angleterre, Espagne, Portugal) échangent avec leurs colonies d'Amérique et des Antilles. Des ports français comme Nantes, Bordeaux et La Rochelle s'enrichissent énormément.
Une partie de ce commerce repose sur la traite atlantique : le commerce triangulaire. Les navires partent d'Europe avec des marchandises (armes, tissus, alcool), les échangent en Afrique contre des captifs, transportent ces esclaves vers l'Amérique lors de la traversée (le tragique « passage du milieu »), puis rapportent en Europe sucre, café, coton et tabac.
Aux Antilles, les esclaves travaillent de force dans les plantations de canne à sucre. Leur statut est fixé par le Code noir (1685). Environ 11 à 12 millions d'Africains furent déportés du XVIᵉ au XIXᵉ siècle.
Au XVIIIᵉ siècle, des philosophes des Lumières (Montesquieu, Condorcet) critiquent l'esclavage. En France, il est aboli une première fois en 1794, rétabli par Napoléon en 1802, puis définitivement aboli en 1848.
Pourquoi étudier ce commerce d'il y a trois siècles ? Parce qu'il explique le monde d'aujourd'hui. Quand tu bois un café sucré, tu touches à une histoire née dans les plantations des Antilles.
La richesse de villes comme Nantes ou Bordeaux vient en partie de ce commerce. Et surtout, comprendre la traite des esclaves, c'est comprendre pourquoi l'esclavage est aujourd'hui reconnu comme un crime contre l'humanité en France depuis 2001. C'est une mémoire qui aide à défendre la dignité de chaque être humain.
Au XVIIIᵉ siècle, un commerce en trois étapes relie trois continents : on l'appelle le commerce triangulaire. Premier côté du triangle : un navire quitte un port européen, comme Nantes, chargé d'armes, de tissus et d'alcool. Deuxième côté : en Afrique, il échange ces marchandises contre des hommes, des femmes et des enfants réduits en esclavage.
Troisième côté : il traverse l'Atlantique jusqu'aux Antilles où il vend les captifs, puis repart vers l'Europe avec du sucre, du café et du coton. Chaque étape rapportait de l'argent aux armateurs.
La deuxième étape était la plus terrible : la traversée de l'Atlantique, appelée le « passage du milieu ». Les esclaves étaient entassés dans les cales, enchaînés pendant plusieurs semaines. Beaucoup mouraient de maladie ou de mauvais traitements.
Arrivés aux Antilles, comme à Saint-Domingue, ils étaient vendus puis forcés de travailler dans les plantations de canne à sucre. Leur vie était réglée par un texte de loi de 1685, le Code noir, qui les considérait comme des biens que l'on pouvait acheter et vendre.
Au XVIIIᵉ siècle, des voix s'élèvent contre l'esclavage. Les philosophes des Lumières, comme Montesquieu dans « De l'esprit des lois » ou Condorcet, dénoncent cette injustice au nom de l'égalité des hommes. Les esclaves eux-mêmes se révoltent, notamment à Saint-Domingue.
En France, la Convention abolit une première fois l'esclavage en 1794. Mais Napoléon Bonaparte le rétablit en 1802. Il faudra attendre 1848, grâce à l'action de Victor Schœlcher, pour que l'esclavage soit définitivement aboli dans les colonies françaises.
12 des 33 questions de ce chapitre. Les réponses, et les explications de chacune, sont dans l'application.